CRS contre Pompiers ou quand la Macronie se réfugie derrière les forces de l’ordre

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L’opposition des pompiers et des forces de l’ordre est un très mauvais signal lancé par le pouvoir : celui de son impossibilité à résoudre les crises sociales. Et peu importe finalement qu’il s’agisse d’une incapacité idéologique ou d’un manque de savoir faire politique, le résultat est le même : la Macronie se cache, peureuse et prétentieuse, derrière les forces de l’ordre. Enfonçant la société française dans la voie dangereuse de la fracture.

Des scènes surréalistes ont eu lieu hier à Paris lors de la grande manifestation nationale des Pompiers en colère. Voir à ce sujet cet intéressant article paru dans le journal Le Monde. Entre 7 000 et 10 000 pompiers, venus de toute la France, défiler à Paris pour dénoncer des conditions de travail impossibles. Des conditions de travail qui illustrent parfaitement la démission des politiques depuis longtemps : utilisation des pompiers pour des missions sociales, surexploitation et baisse des moyens, insultés et attaqués dans certains quartiers… C’est toute la misère sociale et la déconsidération du service public qui sautent au visage.

Les pompiers n’en peuvent plus, ils sont là pour aider la population, pour sauver des vies, mais ils ne ressentent aucune considération de la part des politiques. Si les racines du problème, pour être honnête, sont antérieures ce gouvernement fantasque, l’incapacité de ces ministres à prendre la mesure du problème laisse perplexe.

Castaner a mieux à faire, finalement son directeur de cabinet va recevoir des représentants syndicaux. Pour la forme. Le résultat sera à la source du mouvement de colère qui se traduira en violence :

“l’information circule dans les rangs de la manifestation qu’une délégation ministérielle va recevoir les syndicats l’après-midi même. Beaucoup attendent alors d’en connaître l’issue mais regrettent d’ores et déjà que Christophe Castaner ne soit pas présent. Le ministre de l’intérieur était, mardi, en déplacement dans l’Aude. « Ça va vriller », glisse alors un pompier dans le cortège, peu rassuré quant à la tournure prise par la marche. (…) Au micro, l’un des représentants syndicaux reçus dans l’après-midi par le directeur de cabinet de Christophe Castaner dit n’avoir « rien obtenu ». Indignation générale dans la foule. « On revient quand pour manifester ? », scande un pompier. « Ils se moquent de nous », lance un autre. De son côté, le ministère de l’intérieur annonce l’organisation de deux réunions dans le courant du mois de novembre pour évoquer l’ensemble des revendications”.

Les pancartes portées par les pompiers montrent bien le manque de confiance qu’ils ont en ce pouvoir :

Poussés à bout, les pompiers disjonctent, tentent d’occuper le périphérique, organisent un sitting devant l’Assemblée nationale, la violence monte. Alors que la manifestation avait commencé revendicative, mais dans la bonne humeur, l’écoeurement fait tout basculer :

Le face à face pompiers / forces de l’ordre met en relief toute l’ambiguïté de la situation. D’une part, face aux dérapages, les forces de l’ordre, désinhibées par les ordres de réactions violentes lancés face aux Gilets Jaunes, ne semblent plus savoir réagir autrement que par les grenades de désencerclement ou les canons à eau, comme s’ils avaient soit une peur grandissante de ceux qui sont en face d’eux, soit ont perdu tout sens des proportions et de la réalité.

D’autre part, ce rapport de forces inattendu entre des hommes, qui ont plus l’habitude de collaborer afin de protéger la population que de s’affronter, a ouvert une brèche et l’on entend plusieurs fois des pompiers s’exclamer « mais qu’est-ce qu’ils font?« , n’en croyant pas leurs yeux. D’autres, dépités, leur reprochent une soumission aveugle :

S’il est incontestable que le recours systématique aujourd’hui à la force du côté policier est contestable, en revanche il est difficile de leur demander de ne pas intervenir. Le jour où la police désobéit massivement, le système politique tombe. Leur demander de ne pas intervenir est leur demander de prendre une décision politique. Le problème est que cette Macronie ne cache derrière les forces de l’ordre, les envoie faire dans la rue, par la force, ce qu’ils ne peuvent réaliser eux-mêmes par la négociation.

La rupture profonde du lien social ne peut être compensée par une réaction policière démesurée et constante. Les policiers ne sont pas là pour faire taire le mécontentement public. Or, ce régime les utilise justement en ce sens. Quelles que soient les revendications, elles ne sont plus acceptables. Car toute critique est en soi inacceptable. Comment le néolibéralisme, et la globalisation qu’il permet, ne pourraient-ils pas apporter le bonheur universel ? Vous êtes tolérants (faibles en Novlangue) et consommateurs, alors consommez et taisez-vous. De toute manière, ce régime est en place pour réaliser ce programme et il le fait. Lui demander de changer de cours est un non-sens : pour changer de cours, il faut changer de système idéologique. Donc de régime qui le met en place.

Cette situation est très particulière. Et très rare hors contexte de conflit ou d’occupation du territoire, lorsque les forces de l’ordre sont alors utilisées non pas pour protéger l’ordre public, mais l’ordre idéologique contre la population s’il le faut.

A moins que la France, d’une certaine manière, ne soit occupée ?

 

Source : par Karine Bechet-Golovko-Russiepolitics.blogspot.com-Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables.Comment les données de vos commentaires sont utilisées.  En savoir plus... 

1 commentaire

#1  - kiwi a dit :

Quelle HONTE !

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